Votre mois de janvier devrait déjà être planifié en juillet

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July 17, 2026

Votre mois de janvier devrait déjà être planifié en juillet

C'est un vendredi de janvier. Il est 22h. Vous êtes rendu à trois heures consécutives de vidéo et vous avez l'impression de faire du surplace. Vous venez de revoir la même séquence pour la cinquième fois, parce que vous n'arrivez plus à retenir les détails.

En septembre, vous auriez classé ça en dix minutes. En janvier, vous hésitez. Vous êtes plus lent, plus raide avec votre staff, moins patient avec vos joueurs.

Rien de dramatique. Juste un entraîneur qui carbure sur les réserves depuis un mois. Vous vous dites que c'est la saison, que ça arrive, que ça va passer. Vous avez tort sur un point : ce n'était pas inévitable.

Un entraîneur épuisé n'a pas la même vivacité d'esprit. Un entraîneur épuisé prend de mauvaises décisions. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait : quand l'énergie baisse, le jugement baisse.

Être un coach, c'est demandant. On ne s'en cachera pas. Mais le problème, ce n'est pas le métier d'entraîneur. Le problème, c'est le fonctionnement qu'on accepte comme entraîneur. La plupart des entraîneurs ont un fonctionnement hors pair en début de saison. D'août à septembre, ça tient. Un mois, deux mois, trois au maximum. Puis quelque chose flanche en deuxième moitié de saison. La concentration, la bonne humeur et la santé prennent le bord. Est-ce que c'est ce qu'il y a de mieux pour leur carrière et pour leur vie? Je ne crois pas.

Sean McVay a fini par le dire tout haut : « I used to think it was cool to think you can go 18 hours. You know what that is? That's called being a dumbass » (McVay, 2024). Il vise maintenant autour de sept heures de sommeil par nuit. Un des meilleurs coachs de la NFL a arrêté de confondre les heures travaillées avec la qualité du travail.

Si vous lisez ça, c'est que vous voyez le coaching comme une carrière. Une carrière, ça se bâtit sur plusieurs années consécutives à prendre de bonnes décisions. Pour prendre de bonnes décisions, il faut avoir toute sa tête. Et pour avoir sa tête, ça prend sa santé.

C'est là l'enjeu réel. Quand vous préparez votre saison, vous ne préparez pas juste une saison. Vous préparez la 7e saison d'une carrière qui en compte 33. Une carrière durable, dans un contexte de performance comme le coaching, repose sur des décisions de qualité pendant huit mois, pas pendant 43 jours.

Bon, vous saviez déjà que le repos compte. Toutefois, il y a une chose que vous n'aviez probablement pas déduite : votre durabilité n'est pas une question de discipline. Si vous êtes entraîneur à temps plein, la discipline, vous en avez. Vous savez ce que ça veut dire de faire ce qu'on doit faire, même quand ça ne vous tente pas.

L'enjeu, c'est votre rythme. Est-ce que vous travaillez à un rythme soutenable pendant une saison complète? Est-ce que votre horaire type a été décidé par les conventions de votre sport, ou par une réflexion délibérée sur votre coaching? Posez-vous deux questions honnêtes.

Combien d'heures travaillez-vous dans une semaine normale de novembre, et à quelle heure débranchez-vous?

Une semaine normale, pas une semaine de feu. Il y aura toujours des rushs. Mais quand le rush et la surcharge deviennent la norme, c'est le signe que votre rythme n'a jamais été planifié. La vraie question n'est pas de savoir si vous répondez aux textos et aux courriels le soir. C'est à quelle heure vous arrêtez.

Quelle place reste-t-il pour votre corps dans cette semaine?

Au moins dix minutes d'activité physique par jour, en moyenne? Au moins sept heures au lit, sans électronique? Si vous hésitez à répondre, c'est déjà une réponse.

Pourquoi vos semaines de janvier devraient déjà être planifiées en juillet

Le symptôme que j'observe depuis 2015 est toujours le même : un effondrement de mi-saison. Pas celui de votre équipe. Le vôtre. Celui de votre énergie, de votre humeur, de votre patience, de votre clarté d'esprit.

Quand je le soulève, je reçois presque toujours la même réponse : « il faut que je sois plus discipliné, plus tough ». C'est le mauvais diagnostic. Ce que vous vivez en janvier n'est pas un manque de caractère. C'est le résultat d'un rythme que vous n'avez jamais planifié délibérément.

Le rythme des traditions de votre sport prend le dessus, malgré vous. Les heures s'étirent parce que rien ne les délimite. La disponibilité devient 24/7 parce que vous n'avez jamais fixé de limite. L'activité physique disparaît en premier, parce que ce n'est jamais urgent. Les décisions ont été prises à votre place, et c'est votre performance et votre durabilité qui vont en souffrir.

Vos heures, votre disponibilité, votre organisation en blocs de saison, tout ça se conçoit à froid, en juillet, quand vous avez encore la tête claire. En janvier, il est trop tard pour concevoir. Il ne reste qu'à survivre.

C'était le cas d'un entraîneur de hockey que j'accompagne. Il adore ses longues sorties de course : une heure, deux fois par semaine, dehors, peu importe la température. Selon ses dires, ça l'aide à rester zen. C'était son ancrage en début de saison, et il ne le manquait jamais. Puis décembre est arrivé, avec le froid, les matchs qui s'enchaînent et la préparation de la période des transactions. Il l'a sautée une fois. Puis il ne l'a plus refaite une seule fois du reste de la saison.

Sur le coup, c'était logique. Chaque semaine, il venait de sauver deux heures. Un gain net, à court terme. Ce qu'on voit rarement, c'est ce qu'on perd à long terme. Il l'a nommé lui-même, après coup : « je pensais gagner du temps, mais j'ai perdu la seule affaire qui me gardait sain d'esprit. »

Votre premier plan

Avant de changer quoi que ce soit, analysez votre rythme de la deuxième moitié de la dernière saison. Comptez trois choses : vos heures de travail dans une semaine type, le nombre de soirées où vous êtes resté connecté à l'équipe, et vos séances d'activité physique par semaine. Ne corrigez rien. Observez ce que vous avez réellement fait.

Ensuite, répondez à trois questions :

  • Est-ce que ce rythme a nui aux décisions que vous avez prises dans les derniers mois de la saison?
  • Est-ce qu'il a interféré avec votre leadership, au bureau comme à la maison, pendant plusieurs semaines?
  • Est-ce qu'il vous garderait en santé pour performer pendant les dix prochaines années?

Votre mois de janvier ne se gagne pas en janvier. Il se gagne en juillet.

Actions à considérer

  • Comptabiliser votre rythme réel de la dernière saison : heures de travail par semaine, soirées connecté, séances d'activité physique par semaine. Trois chiffres, pas une impression.
  • Concevoir votre rythme de croisière : un nombre d'heures moyen, vos fenêtres de déconnexion, une cible d'activité physique hebdomadaire que vous tenez même dans une semaine de trois matchs.
  • Vérifier dans deux semaines : votre horaire type tient-il sans bricolage? Si non, ce n'est pas vous le problème, c'est le design. Reprenez-le.

Notes & sources

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